Brèves notes sur quelques sujets particulièrement controversés

Dans "Trop de pétrole !" tout ceci est présenté de façon organisée comme dans un roman : le monde dispose de deux ou trois fois trop d'énergie fossile (*) ; la régulation devra donc s'opposer au marché, elle sera donc politique, donc sous la responsabilité des Etats (*). La France  peut agir, même si elle est seule (*). Cela peut ne pas lui coûter trop cher (*). Elle a intérêt à agir, même si elle est seule (*). Le rôle de l'Etat est de dire ce qu'est une action utile et ce qui est inutilement coûteux et de rendre possible tout ce qui est utile ; il existe des critères extrêment simples et compréhensibles par tout le monde (*). POur savoir que faire, le prix du pétrole on s'en moque ! (*). L'Etat dispose des moyens de la réglementation, de la fiscalité et des incitations qu'il utilisera ensemble ; la technique des marchés de permis ne sera utilisée que lorsque les conditions de son efficacité seront réunies(*). Le cas très particulier de l'électricité : l'Etat devra fixer les capacités et les prix (*). Des chemins pour passer de la situation d'aujourd'hui à la situation future. Le dernier chapitre situe tout cela dans la gouvernance mondiale et la coopération européenne et préconise le même genre de coopération que pour la fabrication d'armement, autre sujet stratégique (*). La conclusion a pour titre : "Si tu veux la paix..." car c'est bien sur ce registre qu'il faut poser et traiter la question de la lutte contre le changement climatique. Lire ici la table des matières et une recension.
 
(*) peu de gens le disaient au début de 2007 ; "Trop de pétrole!"  le démontre.
 
Le monde dispose de deux ou trois fois trop de fossile

Les sources d'énergie
Le biocarburant
L'éolien
L'hydrogène
La place du nucléaire dans ce scénario
Les possibilités de la biomasse
21 % d'électricité "renouvelable"
 L'économie de l'électricité consommation électrique et parc optimal de production
Utiliser l'électricité et le fioul pour se chauffer


Les relations internationales

La France doit donner l'exemple : qu'est-ce à dire ?
L'après Kyoto
Réflexions sur le prix mondial du pétrole

Au sujet de l'économie de l'énergie
Les trois piliers de ce scénario
A quel niveau porter le prix de l'énergie ?
Quel effet sur le revenu des ménages et sur l'emploi  ?
Prix du carbone ou prix de l'énergie finale
Deux critères de "bonne action climat" : coût et utilisation du sol
L'autonomie énergétique
Comment éviter que la privatisation partielle d'EDF n'augmente le coût de la lutte contre l'effet de serre

Sur les décisions politiques
La fiscalité de l'énergie : une hausse nécessaire
Pourquoi il faut un impôt aussi bas que possible
Prix et réglementation
Le marché des permis d'émettre du gaz carbonique
le rôle des associations
 

Autre question souvent posée : La France, agir seule ? Ce n'est pas sérieux, voyons ! C'est se tirer une balle dans les pieds, cela ne servirait à rien etc. Bien au contraire, c'est possible, avantageux et c'est  un préalable sans doute nécessaire à une coopération internationale ! Voyez-en ici la démonstration
 

Sauf indication contraire, les chiffres sont donnés avec l'hypothèse que 1 €  vaut 1,25 $































 






























retour à la page d'accueil           Vos observations, vos commentaires sont bienvenus ici ici 

Le monde dispose de deux ou trois fois trop de fossile - pour plus de commentaires, lire le début de l'article par dans la Revue de l'énergie

Pour éviter de grosses perturbations atmosphériques, il ne faudrait pas que la teneur de l'atmosphère et gaz carbonique dépasse 450 ou 550 ppm (parties par million). Pour cela, il ne faut pas envoyer dans l'atmosphère, au total sur cent ou deux cents ans, plus de 1000 milliards de tonnes de carbone sous forme de gaz carbonique. Or les ressources fossiles, surtout du charbon, sont de 3000 milliards de tonnes. Même si tout n'est pas accessible, on voit que, pour ne pas "pourrir" l'atmosphère, il faudra savoir laisser sous sol la moitié ou les deux tiers du carbone accessible - un peu moins si on sait séquestrer le gaz carbonique. 

Conséquence logique : tous ceux qui disent qu'il faut agir pour éviter une pénurie de ressources fossiles se trompent : ils ont déjà perdu la lutte contre l'effet de serre. Nous ne risquons pas la pénurie. bien au contraire, tout notre malheur vient d'une surabondance de ressources fossiles

Autre conséquence : comme il est possible de produire du très bon carburant  à partir de charbon on ne voit pas pourquoi le prix du pétrole resterait durablement au-dessus du prix qui équilibre le prix du carburant pétrolier et celui du liquide fait à partir de charbon. Comme le prix du charbon augmente si le prix du pétrole aumgente, le prix d'équilibre est sans doute proche de 100 $/bl. Certes le prix pourra dépasser ce niveau pendant quelques années, mais pas éternellement tant qu'il y aura du charbon. Or, si l'on gagne la bataille contre l'effet de serre,  on n'aura sans doute pas besoin de produire de liquide à partir de charbon. Pour plus de commentaires, voir ici.

Pour plus de commentaires, lire le début de l'article paru dans la Revue de l'énergie en janvie 2004. C'est la matière du premier chapitre de Trop de pétrole !
 
 

Le biocarburant - pour plus de commentaires, voir ici

La production de biocarburant coûte cher mais, si l'on veut beaucoup réduire les émissions,  l'élaboration d'un tableau ressources-emplois montre que l'on sera obligé d'utiliser du biocarburant. Mais aujourd'hui, on peut diminuer les émissions de gaz carbonique pour beaucoup moins cher que le biocarburant. 

Les chiffres de production à l'hectare dépendent de la technique employée. Si l'on produit de l'alcool ou de l'huile, seule une partie du carbone entre dans le biocarburant. Par gazéification et reformage on peut utiliser tout le carbone, soit comme matière première soit comme source d'énergie. Alors la production de biocarburant sera de 1,5 à 2 tep nettes par hectare. Avec une source d'énergie externe, le rendement matière peut passer à 3 Tep nette par hectare ; en apportant de l'hydrogène, on pourra dépasser 4 tep nettes par hectare. Si la source d'énergie externe est nucléaire ou à partir de fossile avec séquestration du gaz carbonique, la production de biocarburant se fait pratiquement sans émission de carbone (seulement pour le transport, le travail du sol et les engrais, peu de chose lorsqu'il s'agit de plantes pluriannuelles). Il serait possible de produire plus de 20 Mtep/an. En effet une récente étude publiée par l'IDDRI en septembre 2009 qui montre qu'il serait possible de produire 90 Mtep de biomasse pour du biocarburant, en améliorant les conditions environnementales. Pour les quantités, voir les possibilités de la biomasse.  Mais cela consommerait beaucoup d'électricité. Si les batteries font suffisamment de progrès, les besoins de biocarbuarnt ne seront peut-être pas supérieurs à 14 Mtep/an. Il sera possible de produire beaucoup de carburant sans augmentation de la capacité nucléaire si celui-ci est produit l'été en utilisant les capacités de producgtion électrique disponibles.

Quant au coût de production du biocarburant, selon une récente étude, non encore publiée, le prix de revient par un procédé thermochimique serait compris entre 90 et 100 €/hl ce qui porterait le prix TTC à 1,7 ou 1,8 €/l TTC
On utilisera peut-être d'autres procédés. La société Shell a testé un procédé chimique apparemment moins coûteux en énergie qu'un procédé Fischer-Tropsch, permettant de produire à partir de matière ligno-cellulosique. Nous ne connaissons pas le bilan matière de ces réactions.
Voir ici une présentation technique et économique.
 
 
 
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L'éolien - Voir une étude et sa présentation résumée.

Cette étude a été réalisée en février 2005. Les valeurs doivent être réactualisées mais la méthode, qui permet d'analyser l'économie des éoliennes, me paraît toujours valable. 

On attend d'un moyen de production d'électricité qu'il produise quand on en a besoin. Donc l'éolien n'est pas un moyen de production : il doit être associé à un autre moyen qui supplée des manques ou des excès de vent - puisque les éoliennes se "mettent en drapeau" lorsque le vent est trop fort. Ce moyen complémentaire sera d'ailleurs le moyen principal puisque le taux de disponibilité des éoliennes est de 30 % (moins encore selon l'expérience allemande). Ce moyen pourrait être l'eau des barrages ; mais dans ce cas, cette eau ferait défaut au moment des pointes de consommation ; ce n'est pas donc pas la solution. Sera-t-il une production d'électricité à partir de biomasse ? Cela coûterait très cher et il vaut mieux utiliser la biomasse à autre chose, chaleur ou bio carburant. Il ne peut donc pas y avoir d'éolien sans une production d'électricité à partir d'énergie fossile. 

Aujourd'hui les éoliennes françaises ne peuvent diminuer les émissions françaises qu'aux heures où le nucléaire ne suffit pas à répondre à la demande ; encore faut-il qu'alors elles tournent. Elles peuvent diminuer les émissions de CO2 depuis d'autres pays comme l'Allemagne mais seulement lorsque  la capacité des interconnexions avec l'étranger n'est pas saturée dans le sens de l'exportation. 

Lorsque l'on programme la capacité des moyens de production d'électricité, tout dépend de savoir si l'on peut disposer de capacité nucléaire supplémentaire ou non. Tant que la capacité nucléaire ne peut pas être augmentée, des éoliennes permettront donc des économies de gaz carbonique - plutôt onéreuses puisque seulement un tiers de la production d'électricité éolienne se substitue à une production française à partir de fossile ; un autre tiers se substitue à une production étrangère à partir de fossile et un tiers à une production nucléaire. 

Au delà,  si l'on programme une augmentation de la capacité d'éolien, on programmera moins de nucléaire ;  programmer davantage d'éolien ne conduirait pas à diminuer les émissions de gaz carbonique. Au contraire, si la capacité est importante, il faudra des centrales à gaz ou au charbon pour compenser les chutes de vent.

Voir une étude et sa présentation résumée.
 
                

L'hydrogène pour plus de commentaires, voir ici

L'hydrogène n'est pas une énergie puisqu'il faut beaucoup d'énergie pour le produire ; c'est un support capable de stocker et de transporter de l'énergie. Mais, là comme ailleurs (et bien que ce ne soit pas toujours pratiqué), il faut parler des coûts. La production d'hydrogène coûte cher ; le transport et la distribution du gaz hydrogène coûtent encore beaucoup plus cher. Il apparaît que la meilleure méthode pour transporter et distribuer de l'hydrogène pourrait être, non pas sous sa forme de gaz mais en le greffant sur le carbone de la biomasse pour augmenter le rendement de production de biocarburant et pour produire du méthane. Alors, nul besoin de nouveaux systèmes de distribution ni de nouvelle motorisation. ! voir ici sur l'hydrogène et   voir ici sur le biocarburant.
 
 
 
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Le taux de 21 % d'électricité produite à partir d'énergie renouvelable : à long terme, pour la France, cela n'est pas cohérent avec une forte diminution de nos émissions

Ce taux est un objectif indicatif fixé par la Communauté européenne à la France pour 2010. A long terme, cet objectif ne serait pas cohérent avec un objectif de forte diminution de nos émissions de gaz carbonique. Pour atteindre ce taux de 21 %,  il faudrait ou bien augmenter la production d'électricité à partir de renouvelable ou bien diminuer la consommation d'électricité. Or les possibilités de production d'électricité hydraulique sont à peu près saturées ; par ailleurs, produire de l'électricité à partir de biomasse serait un gaspillage car, pour un résultat  énergétique et environnemental bien meilleur, il vaut mieux utiliser la biomasse pour le chauffage ou le carburant ; de même, il vaut mieux utiliser la géothermie comme chaleur ; et produire de l'électricité avec du vent ne permettra pas de diminuer nos émissions dès que nous pourrons programmer davantage de production nucléaire, c'est à dire à partir de 2013 (puisqu'il faut sept ou huit ans pour construire une centrale). Quant à la consommation d'électricité, le scénario de division par trois montre que l'on a besoin de l'augmenter sensiblement  dans le transport et le chauffage. En trente ans, pour la consommation française, le taux de renouvelable dans la production d'électricité devrait donc plutôt passer de 15 % à 10 %. Ce n'est évidemment pas un objectif en soi, mais c'est le résultat de la réalisation d'un autre objectif, le seul qui vaille : diminuer beaucoup nos émissions de gaz à effet de serre ! 

J'écrivais ceci en 2004 : "Or il se trouve que selon ce scénario, plus du tiers de l'énergie finale est d'origine "renouvelable" (contre 6 % aujourd'hui) : pourquoi ne remplacerait-on pas cet "objectif", absurde à échéance de trente ans, de 21 % d'électricité à partir de renouvelable par l'objectif d'atteindre un taux de  21 % d'énergie finale à partir de renouvelables qui, lui, a vraiment un sens ? "

Les 21 % d'électricité renouvelable n'apparaissent plus dans les "3 fois 20" du paquet énergie-climat (puisqu'il s'agit de 20 % d'énergie renouvelable)  - mais ils restent inscrits dans la loi française et certains ne veulent pas en démordre !
 
 
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A quel niveau porter le prix de l'énergie pour diviser nos émissions par trois ?

pour plus de commentaires, voir ici

Nous prenons ici comme hypothèse de méthode qu'aucun usage de l'énergie n'est subventionné. Alors le prix de l'énergie doit être porté à un niveau assez haut pour inciter tout le monde à faire des économies d'énergie et pour pouvoir payer le coût de production et d'utilisation d'énergie sans carbone fossile dont on a besoin. Pour savoir à quel prix devra être porté l'énergie on peut procéder de deux façons différentes : 

                 - ce que font les "modèles d'équilibre général" : ils relient la consommation d'énergie à son prix par secteur ou par type d'utilisation ; cette relation s'exprime par une "élasticité".   Pour diviser les émissions par trois, ces modèles calculent que le prix de l'énergie doit être augmenté de plusieurs milliers d'euros par tonne d'équivalent pétrole, tep, soit quelques euros par litre de carburant ou de fioul. Mais les modèles de ce genre existant aujourd'hui ne sont pas conçus pour simuler l'effet de modifications de prix très importantes car ils ne peuvent pas prendre en compte les changements de techniques induits par ces hausses de prix. 

                 - une autre méthode est celle que nous avons adoptée : partir des quantités physiques  de consommations et de disponibilités, possibilités de réduction des consommations d'énergie ; puis introduire des modifications techniques dont la faisabilité est certaine et les coûts à peu près connus. Chaque possibilité de production ou d'économie d'énergie coûte quelque chose au consommateur ; on les classe par ordre croissant de coût. Puis on établit  un tableau croisé des ressources et des emplois en utilisant autant que possible les techniques les moins chères : cette phase est tout à fait essentielle, bien que peu pratiquée à ce jour. Seul un tel tableau permet de voir de quelles techniques on a besoin et desquelles on n'a pas besoin pour atteindre l'objectif.   Parmi les techniques de production ou d'économie dont on a besoin, on peut voir alors laquelle revient le plus cher au consommateur. Le plus cher est sans doute le biocarburant ou l'utilisation d'électricité dans les voitures hybrides rechargeables. Ce qui permet de calculer la hausse du prix de l'énergie.  Si l'électricité est produite et vendue au moindre coût, si le coût des batteries a suffisamment diminué, le prix du carburant serait porté à 1,80 €/litre, le prix du fioul à 1400 €/m3 environ. A ce prix là par exemple, il vaut la peine d'équiper ses logements de thermostats qui permettent de ne chauffer que les pièces où l'on se trouve et de compléter l'isolation ; il sera intéressant de cultiver du bois à croissance rapide ou des variétés vététales très productives et de faire des réseaux de chaleur, ou encore d'équiper sa maison de pompes à chaleur prenant la chaleur sous le sol, etc. 

Pour plus de développements, voir ici.

Voir aussi "Trop de pétrole !" 
 


Deux critères
de "bonne action climat"
  Un critère de coût  indépendant du prix de l'énergie fossile - pour plus de développement, voir ici
  Un critère de bonne utilisation du sol

La diminution des émissions de CO2 ou, ce qui revient au même, la diminution de la consommation d'énergie fossile, est un objectif d'intérêt général. L'Etat a donc le devoir de prendre les décisions qui permettent de l'atteindre. L'Etat dispose des moyens de la réglementation et de moyens économiques comme la fixation des prix, la fiscalité, les aides financières. Dans tous les cas, l'Etat porte atteinte à la liberté individuelle. Pour y porter atteinte le moins possible, il doit retenir les décisions qui coûtent le moins cher. L'Etat a donc besoin d'un critère pour distinguer les actions utiles des actions inutilement coûteuse. Or il existe un critère indépendant du prix de l'énergie fossile. Par exemple; si l'objectif est de diviser les émissions par trois et s'il est possible d'y parvenir en prenant des décisions qui seraient économiquement intéressantes avec un gaz à 140 €/MWh, un fioul à 1400 €/m3 et un carburant à 1,80 €/l (voir ci-dessus), cela nous donne le critère de coût de "bonne action climat".

Pour les décisions qui utilisent de la biomasse, il nous faut aussi un critère de bonne utilisation du sol  car le sol est une ressource limitée. Comme il est possible d'éviter plus de 3 tonnes de carbone par hectare et par an en brûlant la biomasse dans des chaufferies collectives ou en produisant du biocarburant de seconde génération avec apport d'énergie externe, c'est gaspiller le sol que de prendre des décisions moins efficaces - comme la production d'électricité à partir de bois ou d'éthanol à partir de maïs ou de céréales.

Pour plus de développement voir ici
 
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Quel effet sur le revenu des ménages et sur l'emploi : création ou destrtuction d'emplois ?- voir plus de développement ici

Le programme de division par trois en trente ans de nos émissions de CO2 obligera à dépenser, pour économiser et pour consommer de l’énergie, plus que si l’on ne se préoccupait pas de diminuer nos émissions. Cette augmentation des dépenses est le « coût du programme » de division par trois des émissions.

Le coût du programme serait nul si le prix du pétrole était égal à 170 $/bl (supposant que l’euro vaut 1,5 $). Si le prix du pétrole revient à 50 $/bl, le coût du programme sera de 55 milliards d’euros par an (soit 2,2 % de ce que sera le revenu disponible des ménages). Si le prix du pétrole est à 100 $/bl, le coût sera de 24 milliards d’euros par an soit 1 % du revenu disponible des ménages.

Un impôt sur l’énergie fossile ne diminuera pas le pouvoir d’achat des ménages mais les incitera à dépenser davantage pour consommer moins d’énergie fossile ce qui diminuera la part de leur pouvoir d’achat disponible pour autre chose que l’énergie.

Les créations directes d'emploi sont de l'ordre de 700 000 emplois. Il est très difficile, voire impossible, d'évaluer les créations nettes d'emplois, en tenant compte des emplois qui ne seront pas créés du fait de ce programme de réduction des émissions de CO2.

Si le nucléaire est remplacé par de l'électricité renouvelable, ce n'est pas certainement pas de créations d'emplois qu'il faut parler, mais de destruction d'emplois. La prétendue création d'emplois grâce aux éoliennes ou au photovoltaïque est une mystification.

  voir plus de développement ici
 
 
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Prix et réglementation

Il est commode d'imaginer que la consommation soit contenue et réduite par la réglementation. Et si l'on veut réduire davantage, réglementons davantage : renforcer la réglementation du bâtiment par exemple, comme on le lit souvent. Or toute réglementation s'accompagne de coûts cachés ; il faudrait au moins les calculer. Et une réglementation n'a de sens que si elle est appliquée correctement, ce qui n'est pas toujours le cas. Les économistes le disent : la régulation par les prix est bien préférable. La réglementation est très opportune évidemment  lorsque le consommateur, pour diverses raisons, n'est pas sensible au message donné par le prix - alors la réglementation peut le conduire à faire des économies dans son propre intérêt. Une réglementation peut être opportune également si le résultat que l'on veut obtenir est jugé indispensable même à un coût élevé, s'il  implique un prix qui ne serait pas accepté par la population et si celle-ci accepte la réglementation - souvent parce qu'elle ne s'en rend pas compte, par exemple lorsque la réglementation porte sur des autorisations de mise en marché. Mais ce moyen doit alors être utilisé avec grande prudence, d'autant que toute réglementation s'accompagne d'administration onéreuse, de contrôles et de toutes sortes de risques.  Il faut dire aussi que la fiscalité pure (sans réglementation et sans subvention) peut paraître beaucoup plus brutale, car elle oblige à porter haut le prix de l'énergie fossile. La meilleure méthode est sans doute une combinaison des moyens.
 
 
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Faut-il parler de "prix du carbone émis"  ou de prix de l'énergie finale ?

pour plus de commentaires, voir ici

On parle ici du prix de l'énergie finale : il s'agit de l'énergie vendue au consommateur et au producteur d' électricité ; néanmoins les transports de marchandises et l'industrie disposeraient d'énergie au prix européen ou mondial. On ne parle donc pas de "prix de carbone émis", notion pourtant habituellement utilisée lorsque l'on traite de lutte contre l'effet de serre. En effet cette notion pourrait être trompeuse si elle laissait entendre que la carbone a un prix en lui-même alors que ce "prix", c'est à dire le cours d'un permis d'émettre ou le montant d'un impôt, dépend non seulement du niveau d'émission autorisé mais aussi et surtout du coût technique de production et des impôts fixés par les pays producteurs :  la limitation d'émission crée une rente qui sera captée partiellement du côté de la production et partiellement du côté de la consommation (par les Etats ou les entreprises). D'autre part, s'il existe d'autres limites, comme l'acceptabilité du nucléaire, d'autres rentes apparaîtront qui brouilleront la façon dont se forme le prix de l'énergie. Nous avons donc préféré retenir comme paramètre directeur le prix de l'énergie à la consommation finale.   Pour d'autres développements, voir ici.
 
 
 
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La fiscalité de l'énergie pour plus de commentaires, voir ici  ; voir aussi un article paru dans les Echos 

  Une hausse nécessaire du prix à la consommation finale

Notre conclusion est qu'une forte réduction des émissions françaises de gaz carbonique n'est possible que si le prix de l'énergie finale subit une hause annuelle moyenne  de 1 cme d'euro par litre de carburant ou de fioul chaque année pendant trente ou quarante ans : le gasole passerait en 30 ou 40 ans à 1,75 €/l et le fioul domestique à 1200  €/m3.  Il faudra donc un impôt sur les énergies fossiles - mais évidemment pas tout de suite, étant donnée la hausse des prix du brut. L'augmentation des dépenses d'énergie sera faible et cette augmentation des impôts pourra être partiellement compensée par la diminution d'autres impôts (voir ici) mais le sujet est politiquement sensible. Tout cela est-il possible ?

Il pourrait être utile de clarifier le rôle de l'impôt.

     Nos propositions

- Remplacer la TIPP applicable aux carburants par une taxe transport
- Ajuster la taxe transport pour qu'elle représente les dommages externes locaux de l 'usage de l'énergie dans le transport : la pollution locale pour tous les carburants, bio ou pétroliers,  l'encombrement de la circulation, les risques d'accidents pour les carburants et l'électricité; il peut aussi y avoir d'autres taxes représentant certains de ces dommages, comme un péage pour l'entrée en ville. 
- Ordre de grandeur du montant de la taxe transport 
     taxe transport sur le carburant (bio ou pétrolier) : comme aujourd'hui 430 €/m3 sur le gazole, soit 510 €/tep
     taxe transport sur l'électricité utilisée dans le transport en tenant compte du fait que l'électricité cause beaucoup moins de dommages locaux. 

- Créer une taxe climat sur les énergies fossiles pour porter progressivement le prix à la consommation finale de l'énergie fossile à un niveau qui rémunère les coûts de production des autres formes d'énergie. Le produit de cette taxe sert à financer des incitations financières ou fiscales et est restitué aux ménages sous la forme de subventions pour éviter des consommations d'énergie fossile, d'une dotation forfaitaire (indépendante de leur consommation d'énergie) aux ménages à faibles revenus et d'une dotation aux collectivités locales dont la politique d'urbanisme est économe en émissions de gaz carbonique.
 
- La taxe carbone est calculée chaque année de façon que le prix à la consommation finale augmente chaque année de 2c €/l de pétrole ou de fioul, l'équivalent pour le gaz. 

. Pour plus de développement voir ici.
 
Pourquoi l'impôt sur l'énergie fossile doit être le plus bas possible, même sans augmentation globale des impôts 
 
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Le rôle des associations pour plus de commentaires, voir ici

Les consommateurs-contribuables sont-ils prêts à accepter de se voir obligés de payer plus cher leur énergie ?

C'est tout la question de l'acceptabilitéde l'impôt. L'impôt sera sans doute plus facilement accepté si chacun voit à quoi il sert, si chacun est bien persuadé de l'importance des enjeux. C'est là qu'intervient le rôle de la presse et des associations (Negawatt, Glogal Chance, 4D, Greeenpeace etc.) ; bien informées des données techniques et économiques, elles ont un rôle à jouer pour convaincre l'opinion qu'il faut accueillir favorablement une augmentation du prix de l'énergie finale - suite à l'augmentation du cours du pétrole ou à une augmentation des impôts selon les années. Y sont-elles prêtes ? Si la réponse était négative,  il serait plus difficile de faire accepter un tel programme.

Voir comment  convaincre et agir.
 
 
 
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"La France doit donner l'exemple" - qu'est-ce à dire ? pour plus de commentaires, voir ici

On entend parfois que la France, pour donner l'exemple, doit choisir des moyens qui puissent être choisis par les autres, notamment les pays en développement. Fausse piste ! Cela reviendrait à reprocher au Brésil de faire du biocarburant au motif que tous les pays n'ont pas d'abondantes ressources en biomasse ! Le plus grand service que la France puisse rendre au monde est d'émettre  moins de gaz carbonique : toute molécule non émise par la France bénéficie au monde entier, quel que soit le moyen employé pour ne pas l'émettre. Pour cela, comme chaque pays, la France mettra à profit ses compétences, son expérience, ses possibilités. D'autres pays disposent de certaines possibilités beaucoup plus abondamment que nous : pour certains, ce sera un vent régulier ou un très bon ensoleillement, pour d'autres d'énormes capacités de biomasse, pour d'autres, des capacités de stockage de gaz carbonique etc. Pour être efficace, il ne faut surtout pas être moutonnier. L'argument de l'exemplarité est employé pour développer l'éolien (où la France serait "en retard") et contre le nucléaire (au motif qu'il ne serait pas généralisable). Comment expliquer que cet argument, qu'il est si facile de réfuter, porte ? Nous amorçons ici une tentative de réponse.

Cela dit, le scénario de division par trois que nous décrivons ici est à maints égards largement "exportable" : économies d'énergie, réseaux de chaleur, exploitation maximale des ressources en biomasse, production de biocarburant etc. Et le nucléaire aussi d'ailleurs : pourquoi considérer que tel ou tel pays n'en serait pas "capable" ou "digne" ? 
 
 
 
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Les possibilités de la biomasse pour plus de commentaires, voir ici pour la forêt  ici pour le biocarburant

Important : Une étude de l'IDDRI, publiée dans les cahiers du CLIP de septembre 2009, valide ces hypothèses : le scénario N°3 envisage une production de biomasse agricole et de taillis à courte révolution de 90 millions de tonnes sèches avec un choix de cultures et une méthode qui améliorent la situation environnementale - consommation d'eau, nitrates, phytosanitaires. Voir ici.

Ce scénario fait une large place à la biomasse pour deux raisons. 

Lorsque l'utilisation de la biomasse est suivie de replantations, ce qui est évidemment notre hypothèse, la quantité de carbone organique dans les plantes et les arbres reste constante ; donc l'utilisation de la biomasse n'augmente pas les concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère : on peut dire que c'est une utilisation sans émissions de gaz carbonique

Les ressources françaises sont abondantes (elles sont aussi, potentiellement, très abondantes dans le monde). Nous avons recherché de combien, au maximum, elle pouvaient augmenter.  Le bois laissé sur place lors des coupes ou lors des opérations de sylviculture (éclaircies balivages) et les déchets de l'industrie du bois font 30 Mm3/an. Le rendement de production de la forêt pourrait être amélioré ; s'il est augmenté de 3 m3/ha/an sur 3 Mha, cela fait 9 Mm3/an de plus. Il est possible de cultiver des taillis à courte révolution mais cette culture est assez chère. Sur les terrains forestiers il est sans doute préférable de faire du bois d'oeuvre. La biomasse pourrait être produite sur des terres agricoles ou des friches. Attention ! La relation entre l'offre et la demande de bois étant très spécifique, il ne suffit de trouver de nouveaux débouchés pour que la production augmente ! Voir plus de développement ici

Le scénario fait l'hypothèse d'une consommation de 50 Mtep thermiques, dont  21 utilisés comme source de chaleur et 29 utilisés pour la production de 22 Mtep de biocarburant.  Voir  à biocarburant

Une récente étude de l'IDDRI (publiée en septembre 2009) estime à 13 Mha les surfaces agricoles reconvertibles en autre chose que la production alimentaire ; elle fait l'hpothèse que 7 Mha sont consacrés à des plantations (cultures et taillis à courte révolution)  destinées à la production de biocarburant? Avec une culture qui respecte l'environnement (et même améliore la sitautin par rapport à aujourd'hui), la production de biocarburant serait de 13 Mtep sans apport d'énergie extérieure, donc 26 avec apport d'énergie et d'hydrogène extérieur.

Si l'on ajoute les possibilités de la forêt, les valeurs de capacité de production de biomasse et de biocarburant sont retenues sur ce site sont validées.

A cela peuvent s'ajouter 3 Mtep de biogaz de fermentation de déchets des ménages, de l'industrie agroalimentaire et de l'agriculture. 
 
 
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L'économie de l'électricité
consommation électrique ; parc optimal de production
pour plus de commentaires

Un marché concurrentiel de l'électricité ne peut pas conduire à l'optimum ; la solution la plus simple est l'acheteur-vendeur unique ; sous l'effet de multiples pressions, il a fallu ouvrir une partie du marché à la concurrence ; pour éviter le pire, la politique française de l'électricité ressemble de plus en plus à du bricolage ; la NOME en est le dernier avatar ; il ne faut pas la critiquer car c'est sans doute la moins mauvaise possible aujourd'hui. Il reste du travail à faire pour élaborer une efficace politique européenne ; celle-ci devra tenir compte des caractéristiques de l'électricité et de la différence entre les Etats membres.

On lit dans maint document officiel qu'il faut économiser l'électricité ? Pourquoi donc ? L'objectif est de limiter les émissions de gaz carbonique. Tout autre objectif fixé indépendamment ne peut que gêner la réalisation de cet objectif principal. En fait, comme on le voit en utilisant le tableur de "faites vous-même votre scénario", pour diviser par trois les émissions au moindre coût  il faudra augmenter beaucoup la consommation d'électricité, notamment dans le transport et le chauffage, si cette électricité est "sans carbone", c'est à dire d'origine nucléaire ou, plus tard, peut-être, à partir de fossile avec séquestration du gaz carbonique (on ne parle pas ici de l'éolien dont la production est indépendante des besoins de la consommation). 

Donc, vouloir diminuer les émissions de gaz carbonique et, en même temps, vouloir diminuer la consommation d'électricité est incohérent.

Voyez ici un dossier  sur l'économie et la politique de l'électricité

 
L'utilisation de l'électricité et du fioul pour se chauffer

Le raisonnement "de bon sens" dit qu'il vaut mieux se chauffer au gaz qu'au fioul car les émissions du gaz sont moindres. Par ailleurs, il y a eu une très forte poussée du "Grenelle de l'environnement" pour bannir l'électricité du chauffage sauf pour faire fonctionner des pompes à chaleur. L'argument est le suivant : pour faire de l'électricité, il faut deux ou trois fois plus de chaleur ; il serait donc idiot de consommer de la chaleur pour produire de l'électricité qui sera utilisée comme source de chaleur, sauf si l'électricité permet de faire entrer dans la maison deux ou trois fois plus de chaleur que ce qu'elle produit. Cet argument n'a que l'apparence du bon sens. En effet l'objectif n'est pas d'économiser de l'énergie, il est de diminuer les émissions au moindre coût. Si l'on met une résistance électrique dans l'eau d'un chauffage central équipé d'une chaudière au fioul et si la résistance est coupée automatiquement lorsque la demande d'électricité est forte, la chaleur produite par l'électricité n'émet pas de gaz carbonique et cette forme de chaleur est celle qui permet de remplacer du fioul au moindre coût. Combiner ainsi une électricité "effaçable" et du fioul est une des méthodes les plus efficaces : elle utilise intelligemment une résistance électrique. Au lieu d'une résistance, il srea parfois préférable d'utiliser une pompe à chaleur, elle aussi "effaçable" - il faut comparer les coûts. En tout cas, l'idée est de combiner une énergie qui ne se stocke pas, l'électricité, et une autre qui se stocke très bien, le fioul. Le fioul peut ainsi permettre de lisser la demande d'électricité en France et même de la diminuer lorsque la demande étrangère sera de pointe. Les chaudières à fioul, combinées à de l'électricité, permettront ainsi de diminuer les émissions
 
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La place du nucléaire dans ce scénario  pour plus de commentaires, voir ici

Voyez aussi tout un chapitre du livre "Trop de pétrole !" consacré à la production et au prix de l'électricité

Comment être bref au sujet du nucléaire ? Comme nous l'écrivons dans les articles parus dans Esprit  en 2003 et en février 2007 et dans "Trop de pétrole !", il s'agit de prendre une position face à un énorme risque dont la probabilité est très faible. Deux attitudes sont possibles : ou un refus par principe, ou une comparaison des avantages et des inconvénients du nucléaire - de plus ou moins de nucléaire. La première attitude est tout à fait légitime. La deuxième attitude conduit à préférer l'électricité nucléaire à toute énergie fossile (sauf séquestration du gaz carbonique) même en évaluant très cher le coût des dommages, tellement la probablité d'accident grave est petite. C'est pourquoi ceux qui acceptent le nucléaire, mais pas plus qu'aujourd'hui, se comportent comme s'ils ne donnaient pas grand prix à la lutte contre l'effet de serre. Si  l'on veut sérieusement diminuer les émissions, sauf à diminuer considérablement la consommation d'énergie, et tant que l'on n'a pas découvert d'importantes possibilités de stockage de gaz carbonique, l'augmentation de la capacité nucléaire est souhaitable : notre scénario implique que soit décidée sans tarder la construction d'un réacteur par an.  Le débat serait plus facile si l'on n'avait pas le sentiment que certaines affirmations générales présentées comme allant de soi sont en réalité des arguments cachés contre le nucléaire. Deux exemples : l'utilisation de la notion de "rendement du système énergétique français", notion qui, au fond, n'a aucune signification utile et l'exigence que  la politique française puisse être en tous points imitée par tous les pays du monde. On entend aussi que le nucléaire n'est "rentable" qu'en base, ce qui n'est pas exact. 

On peut voir  : le rendement du système énergétique, la valeur d'exemple de la politique française, le calcul de la capacité optimale de nucléaire. Sur l'attitude face à de tels risques très graves et très peu probables,  on peut se référer à l'ouvrage de J.P. Dupuy," le catastrophisme éclairé" .  Voir aussi  "Qui ne veut pas d'une augmentation de la capacité nucléaire- d'étranges convergences", un article publié par le Revue de l'énergie en janvier 2009.

La place du nucléaire dans ce scénario n'est pas décidée a priori. C'est le résultat d'un raisonnement et de calculs. Le tableur qui permet de dresser des tableaux de ressources et d' emplois d'énergie permet de calculer très facilement d'autres scénarios avec moins de nucléaire ou pas de nucléaire du tout - on a dit ailleurs que  le vrai choix est d'accepter on non le nucléaire, c'est à dire adopter une position de principe, et non pas de produire plus ou moins d'électricité nucléaire. Voir plusieurs tableaux ici. Si le nucléaire n'est pas refusé par principe, la capacité nucléaire ne sera donc pas limitée par des considérations sur les déchets ou sur le risque grave mais par la possibilité de trouver des sites convenables. S'il existe des possibilités considérables d'injection de gaz carbonique, il sera possible de se passer de nucléaire, mais ces possibilités sont loin d'être prouvées (la faisabilité du procédé n'est pas acquise et la recherche de sites en France n'a pas commencé) et cela nous coûterait beaucoup plus cher que le nucléaire. Si l'on refuse le nucléaire et si l'on ne peut pas réinjecter le gaz carbonique, il faut lire les réflexions du l'association Négawatt et juger si les hypothèses qu'elle formule sur la consommation et sur la production d'électricité sont réalisables ou non. L'expérience confirme la fragilité de la ressource de production éolienne, qui, de plus, coûte à terre près de deux fois plus cher que le nucléaire (si l'on compte les installations nécessaires pour compenser les fluctuations du vent), trois fois plus cher pour l'éolien off-shore - dix fois plus cher pour le photovoltaïque !
 

Privatisation partielle d'EDF et coût de lutte contre l'effet de serre - pour plus de développements voir ici

La logique d'une entreprise privée est de chercher à augmenter ses bénéfices autant que possible. Dans le cas d'EDF cela veut dire limiter la capacité nucléaire à ce qui est consommé en base et pouvoir vendre toute l'électricité au prix de marché. Le prix de marché sera alors calé sur le coût de production d'électricité à partir d'énergie fossile,  très supérieur au prix de revient de l'électricité nucléaire. Pratiquement cela veut dire : augmenter la capacité des interconnexions pour servir la demande de base des pays voisins et ne pas augmenter la capacité nucléaire. Alors, s'il y a un impôt carbone ou un cours du permis, le prix de l'électricité de base sera de  90 ou 100 €/MWh tandis que le prix de revient du nucléaire serait de 40  ou 50 €/MWh. la différence est de 40 ou 50 €/MWh, soit 450 ou 600 €/Tep électrique. Pour que les carburants fossiles soient remplacés par de l'électricité, soit en chauffage soit dans les transports, il faudra donc que le prix de ces carburants augmente plus encore que si l'électricité était au prix de l'électricité nucléaire. La différence est de 150 à 200 €/tep, donc à peu près autant en € par tonne de carbone.

L'Etat dispose des moyens de l'éviter, en faisant en sorte que la capacité nuclaire soit suffisante et en maintenant les tarifs administrés de l'électricité pour les usages en transport et en chauffage.

Pour plus de développement voir ici
 
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Les trois piliers du scénario de référence

Ce site Internet propose une méthode pour élaborer des scénarios avec vos propres hypothèses, à l'aide du tableur "faites le vous-même". Il présente aussi plusieurs possibilités : voir ici "tableaux". Parmi les multiples possibilités il montre qu'il en est une qui permet de diviser nos émissions par trois sans que cela ne nous coûte trop cher, le scénario de référence. Ce scénario, pour l'essentiel, repose sur trois piliers : les économies d'énergie, la biomasse (la seule forme de "renouvelable" fiable et abondante) et le nucléaire - l'électricité au charbon avec séquestration du gaz carbonique coûtera plus cher que le nucléaire. La DGEC, direction générale de l'énergie et du climat, (qui succède à la DGEMP, direction générale de l'énergie) a dessiné en 2007 une évolution tendancielle (on peut voir aussi les études prospectives de la DGEMP) qui ferait passer la consommation de 162 à 210 Mtep. Pour ramener les émissions de 105 MtC à 35 MtC, il faut donc éviter 120 à 130 Mtep de consommation d'énergie fossile. Si l'on compare notre scénario avec cette évolution tendancielle, on voit ceci, en ordre de grandeur : la consommation d'énergie finale est inférieure de 55 Mtep à la tendance (en comptant pour 3 tep chaque tep électrique utilisée par les véhicules), la consommation de biomasse augmente de 30 Mtep, la consommation d'énergie nucléaire augmente de près de 30 Mtep (pour l'énergie finale et pour produire du biocarburant) ; les autres formes d'énerige, notamment l'éolien, entrent pour fort peu.

On peut donc dire en gros que la différence entre les émissions de notre scénario et celles de l'évolution tendancielle de la DGEMP, c'est à dire l'efficacité de notre scénario,  repose pour la moitié sur des économies d'énergie, pour  un quart sur la biomasse et pour  un quart sur le nucléaire.

 

 
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L'autonomie énergétique pour plus de commentaires, voir ici

Il est difficile de quantifier l'autonomie énergétique. Faut-il regarder l'énergie finale ou l'énergie primaire ?  Faut-il compter de la même façon l'électricité quelle que soit la façon dont elle est consommée ? 
Nous présentons cela ici. Voici les conclusions. 

Si l'on considère l'énergie finale sans faire de distinction entre les diverses formes d'énergie ni entre les divers usages, le taux d'autonomie est aujourd'hui de 30 % ; le scénario le fait passer à 66 %.

Si l'on utilise le standard international qui considère l'énergie primaire et compte pour 3 chaque tep électrique produit avec de l'énergie thermique et pour 1 chaque tep électrrique produit par d'autres sources sans faire de différence entre les usages de l'électricité,  notre degré d'autonomie énergétique est aujourd'hui de 50 %. Avec le scénario de division par trois il passe à  84 %.

Si l'on considère que, quelle que soit la façon dont il est produit, chaque tep d'électricité utilisé à des fins spécifiques ou comme substitut à du carburant vaut 3  mais que chaque tep électrique utilisé comme chaleur vaut 1 (puisqu'il peut être remplacé par une tep fossile), le taux d'autonomie est aujourd'hui de 46 % ; il passe à 80 %.
 

Le marché des permis d'émettre du gaz carbonique   pour plus de commentaires, voir l'article paru dans le Monde en juin 2005,   voir aussi ici

L'Union européenne a décidé de mettre en place, à titre expérimental, un "marché de permis d'émettre " du gaz carbonique. L'expérience a commencé. A lire ce qui s'écrit dans la prese et dans des textes écrits à Bruxelles on pourrait croire qu'il faut instaurant un tel "marché" pour résoudre au moindre coût la question de l'effet de serre. Or ce dispositif risque bien d'être un nid d'effets pervers (précision : un "effet pervers" est un effet défavorable non désiré et non prévu) : il est ultra administré puisque non seulement, comme pour toute réglementation,  il a fallu fixer un volume d'émission par établissement (après longues discussions évidemment) et il faudra en contrôler le respect, mais encore  il faudra contrôler le marché des permis d'émettre - soit double contrôle, doubles mesures, double police, double contentieux. De plus, on oblige les entreprises à participer à un marché hautement spéculatif, qui fera le bonheur de quelque trader chanceux . On crée une incitation à se délocaliser car l'entreprise qui partia pour aller émettre ailleurs encore plus de gaz carbonique que chez nous pourra revendre le quota qu'on lui aura donnée gratuitement. Enfin, et ce n'est pas la moindre chose,  pour que cette incitation à la délocalisation ne soit pas trop forte, on aura accordé à l'ensemble des entreprises partie du dispositif une telle quantitéde quotas gratuits que les prix qui "émergera du marché" sera sans commune mesure avec ce qui sera nécessaire pour fortement diminuer les émissions. comment alors convaincre qu'il faut un impôt de 300 ou 400 €/tep si le cours du quotas est de 20 ou 30 € par tonne de carbone ? 

Tout cela vient d'une énorme pari : penser que l'on peut faire peser une contrainte sur nos entreprises exposées à la concurrence internationale avant d'avoir mis en place  une forte police à l'échelle mondiale (ce qui n'est pas pour demain). Pour diminuer nos émissions, l'effort viendra donc principalement des particuliers et du secteur tertiaire.

Cela n'empêche pas qu'un marché de permis  d'émettre peut être efficace s'il est bien configuré, c'est à dire si trois conditions sont réunies : une bonne police, une prévisibilité suffisante (au moins vingt ans) et une bonne protection contre la concurrence inéquitable : voir un article publié dans le Monde

Pour plus de développements, voir ici.
 
 
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L'après Kyoto pour plus de commentaires, voir ici

L'étude d'un scénario de division par trois en trente ans conduit à constater que, d'ici quinze ans, même si nous engageons dès aujourd'hui une politique très volontaire, nos émissions n'auront pas diminué ; voir ici. Il convient donc de s'interroger sur le contenu des accords qui devront faire suite à celui de Kyoto. Nous avons toujours écrit  ici que le prochain accord porterait plutôt sur les "politiques et mesures" à engager sans tarder pour porter leurs effets d'ici trente ou quarante ans. A la fin de 2009, les résultats de la conférence de Copenhague,  qui fut incapable de fixer des objectifs d'émission par pays, laissent entendre que c'est peut-être la voie à suivre. A défaut d'un accord sur la consommation d'énergie, l'Europe a tout à craindre que quelques puissances s'accordent pour réguler l'offre d'énergie fossile.

Pour plus de développement, voir ici.


Réflexions sur le prix mondial du pétrole ; quelles conséquences sur l'action de l'Etat ?

Pour plus de développement, voir ici sur le prix du pétrole et sur l'action de l'Etat.

La liste des actions à décider en France pour diminuer nos émissions ne dépend pas du prix du pétrole : mieux isoler les bâtiments, produire plus d'électricité nucléaire, utiliser des véhicules hybrides rechargeables ou un chauffage par pompe à chaleur, produire du biocarburant de seconde génération ou se chauffer à la biomasse, développer les transports en commun utilisant l'électricité - tout cela engagera des dépenses qui ne dépendent pas ou guère du prix de l'énergie fossile. Ces dépenses qui permettent d'éviter de consommer du gaz, du fioul ou du gazole seront inférieures à ce que l'on dépenserait avec ces énergie si le fioul était à 1200 €/m3 TTC et le gazole à 1,75 €/l à la pompe.

Par contre le surcoût de ces actions par rapport à l'utilisation de l'énergie fossile, lui, dépend directement du prix du pétrole, du gaz et du charbon. Ce que l'on appelle le "coût de la tonne de carbone fossile évitée" est, non pas la dépense engagée lorsque l'on ne consomme pas d'énergie fossile, mais le surcoût de cette décision de ne pas consommer (ou de consommer moins) d'énergie fossile comparé à ce que l'on aurait dépensé si l'on n'avait pas pris cette décision. Le "coût de la tonne évitée" dépend donc du prix du pétrole ; de même, le coût du programme de réduction des émissions (c'est à dire la somme des surcoûts des actions qui permettent d'atteindre l'objectif) dépend du prix du pétrole. Si les conditions favorables sont réunies, un prix du pétrole de 170 $/bl réduit à zéro le coût du programme de réduction des émissions.

Cela veut-il dire qu'avec un prix de 170 $/bl l'Etat n'aurait plus rien à faire ? Certes non : premièrement, rien ne dit que le prix restera à ce niveau ; deuxièmement, l'Etat doit réunir les conditions qui permettent de diminuer autant que possible les dépenses nécessaires à la réalisation de l'objectif d'émission.

Cela ne veut évidement pas dire qu'il faut souhaiter que le prix du pétrole soit à ce niveau !

Pour plus de développement, voir ici sur le prix du pétrole . 
 
 
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 Vos observations, vos commentaires sont bienvenus

 

 
Voir : comment convaincre ?

La France, seule ?? 

Quelles décisions prendre de suite


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