Le chauffage des logements

Dépenses d'isolation thermique, d'équipement et d'énergie
selon le niveau de consommation
Comment les financer



 
- Une "note brève" sur les dépenses prévisibles inutiles si l'on veut diviser par deux la consommation d'énergie en France : plus de 20 milliards d'euros par  an
  
- Une étude réalisée en 2019 : hypothèses et résultats : ce que nous coûterait le projet de SNBC (stratégie nationae bas carbone) inscrit dans la loi sur l'énergie de 2019
: 25 milliards d'euros par an

- Un extrait de l'étude d'impact de la loi sur l'énergie - un exemple d'information - disons - incomplète

- une étude sur le financement avec des prêts dont l'annuité de remboursement n'est pas supérieure aux économies d'énergie réalisées 





Une étude sur les dépenses d'économie et de consommation d'énergie -
réalisée en avril 2019
cette étude a fait l'objet d'un articile publié dans la Revue de l'énergie de mai-juin 2019

Mettre tous les logement existants au standart "basse consommation" ferait dépenser chaque année 25 milliards d'euros
sans effet sur les émssions de CO2

Cette étude a été  faite à partir d'informations provenant de l'étude d'Effinergie publiée en octbre 2018, de professionnels et de témoignages individuels

Elle donne une idée du coût de la LTE, c'est à dire la différence entre les dépenses qui seraient causées par l'application de la loi et  les dépenses d'une autre solution beaucoup moins coûteuse qui n'émettrait guère plus de CO2.

Cette différence est  de 25 milliards d'euros par an. C'est beaucoup. Le coût serait de plusieurs milliers d'euros par tonne de CO2 évitée. C'est déraisonnable. C'est pourquoi je publie les hypothèses et les résultats des calculs.

Comme les calculs sont très simples, chacun pourra les faire avec ses propres hypothèses sur les coûts.



L'étude d'Effinergie sur les bâtiments rénovés à basse consommation publiée en août 2018  : ici.

Les hypothèses retenues et le résultat des calculs de dépenses sont présentés dans ces deux tableaux, un pour une maison individuelle et un autre pour un appartement en logement collectif. Pour la France entière, voir les tableaux ci-dessous.

Un logement individuel

Si une maison individuelle est en classe E ou F ou G du DPE (diagnostic de performance énergétique), les solutions les moins coûteuses sont  trouvées avec des travaux d’isolation thermique qui placent cette maison en classe D. Pour 130 m2, vouloir la mettre en classe B amènerait à dépenser 2000 € par an de plus soit 15,4 €/m2/an, déduction faite des économies d'énergie.
D’autre part, si la maison est déjà en classe C, les dépenses pour la mettre en classe A sont de 800 €/an de plus, soit 6,2 €/m2/an – avec les hypothèses retenues ici les dépenses s’ajoutent les unes aux autres ; il peut en être différemment dans la réalité.

Pour un appartement en logement collectif, il en est de même : le faire passer de la classe D à la classe B augmente les dépenses totales (isolation, équipement et énergie) de 11 €/m2/an.

Au plan national,

La date de construction des logements donne une idée de leur consommation d'énergie. En rapprochant les dépenses à engager sur un logement calculées en fonction de sa consommation d'énergie, il est donc possible d'évaluer l'ensemble des dépenses d'isolation, d'équipement et d'énergie selon le niveau de l'isolation thermique des bâtiments.

Entre une hypothèse où tous les logements seraient au  niveau BBC et une autre où l'isolation serait ajustée pour minimiser les dépenses, la différence de dépenses, à l'échelle nationale est de 26 milliards d'euros par an - cf. ci-dessous

La différence de consommation d'électricité est de 100 millions de MWh par an. A titre de comparaison, la consommation d'électricité en France est d'environ 500 millions de MWh par an. Comme plus de 80 % de l'électricité sera produit sans émissions de CO2, les économies d'énergie permettraient de diminuer les émissions de CO2 pour un coût de plusieurs milliers d'euros par tonne de CO2 évitée.

ll s'agit d'ordres de grandeur ; il est probable que les coûts de l'isolation thermique pourront être diminués mais cet objectif - assez rhétorique - de ramener la consommation d'énergie de chauffage des bâtiments existants à un niveau proche de celle des bâtiments neufs apparaît extrêmement coûteux et sans effet notable sur les émissions de CO2.


Evaluation des besoins des surfaces et de consommation d’énergie des logements
selon la date de leur construction

Les statistiques du CEREN donnent la consommation d’énergie des logements pour tous usages selon la date de construction ; elles distinguent les maisons individuelles et les logements en immeubles collectifs. La consommation totale est de 420 TWh/an, dont 120 TWh/an pour la cuisine, l’eau chaude et les usages spécifiques et 300 TWh pour le chauffage. Ces consommations autres que pour le chauffage sont à répartir par logement plutôt que par unité de surface habitable ; soit 4,2 MWh par logement.
 

Maisons individuelles construites…

Nombre

Surface Mm2

Conso
TWh/an

Conso hors chaleur

Conso pour chaleur

kWh/m2
et par an pour chauf

 

 

En 2020

En 2020

 

 

En 2020

 … avant 1975

7700

851

157,6

32,3

126,3

148,

 …entre 75 et 98

5000

550

87,5

21

66,5

130

…en 1999 et après

3500

404

52,6

14,7

37,9

109

TOTAL

16200

1 826

297,7

68

229,7

 

 

Appartements construits…

Nombre

Surface  Mm2

Conso
TWh/an

Conso hors chaleur

Conso pour chaleur

kWh/m2
et par an

 

 

 

 

 

 

 

 … avant 1975

7000

440

78,6

29,4

49,2

70

 …entre 75 et 98

3200

201

29,4

13,4

16

50

…en 1999 et après

2200

140

19,2

9,2

10,2

45

TOTAL

12400

782

127

52,0

75

 

 D’ici 2050, une partie des logements existants aura été démolie. Supposons que, à cette date, la surface des appartements construits avant 1975 sera de 400 millions de mètres carré et celle des maisons de 766 millions de mètres carré.

En première approche, on considère que les maisons individuelles construites avant 1975 et la moitié des maisons construites entre 1975 et 1998 sont aujourd’hui en classe D ou E ou F. La moitié des maisons construites entre 1975 et 1998 et toutes les maisons construites depuis sont en classe C. Quant aux appartements, la moitié de ceux qui ont été construits avant 1975 sont en classe D et les autres sont en classe C.

Les dépenses qui mèneraient tous les logements en classe B du DPE
en plus de ce qui serait dépensé si les logements qui sont en E, F ou G étaient mis en classe D

Les dépenses annuelles

Par unité de surf.

Surface Mm2

Total -G€/an

Maisons individuelles : dépenses…

 

 

 

… pour passer de la classe D à la classe B

15,4   €/m2/an

1000

15,4

… pour passer de la classe C à la classe B

6,2  €/m2/an

640

4

Appartements : dépenses…

 

 

 

… pour passer de la classe D à la classe B

10,8  €/m2/an

200

2.2

… pour passer de la classe C à la classe B

7,7  €/m2/an

540

4,2

Total des dépenses pour passer « tout BBC »

 

 

27 G€







 L'étude d'impact de la Loi sur la transition énergétique de 2015

Un commentaire sur les paragraphes qui traitent de la rénovation thermique des bâtiments

L’étude d’impact est ici : http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl2188-ei.asp

 
Le chapitre concernant le bâtiment semble porter d’abord sur le résidentiel et tertiaire puis seulement sur le résidentiel. Le rédacteur emploie MWh au lieu de GWh. Mais ce n’est pas le plus intrigant.

Au titre II : mieux rénover etc.

Article 3 : lever les freins etc. Pour les façades 22000 à 44000 logements par an, économie d’énergie de 150 à 300 MWh d’énergie primaire – il s’agit sans doute de GWh. Je calcule qu’en 15 ans (2015-2030), cela fait de 2,5 à 4,5 TWh/an.

Pour les toitures, chaque année entre 60 et 120 GWh/an d’économie, soit, au bout de 15 ans, entre 0,9 à 1,8 TWh/an

Art 5 : Améliorer la performance énergétique des bâtiments en cas de travaux : si on se limite aux travaux dont le temps de retour est inférieur à 10 ans (l’énergie coûtant 140 €/MWh), pour le ravalement, au bout de 15 ans, 5 TWh/an ; pour les toitures, entre 2,5 et 4,5 TWh/an.

Soit en tout, au but de 15 ans, une économie d’énergie pour le chauffage comprise entre 10,9 TWh/an et 15,8 TWh/an.

Or, la consommation pour le chauffage du résidentiel était en 2010 de 360 TWh par an (31 Mtep).

Cela voudrait dire que, selon cette étude d’impact, la loi prévoit une diminution de la consommation de 5 % seulement en 15 ans. Et l'étude ne dit rien au-delà.

Il lui est donc possible de conclure que la rénovaton thermique des bâtiments est aisément financée par les économies d'énergie.

Elle laisse entendre au contraire, par ce qu'elle ne dit pas, que les objectifs de la LTE snt très onéreux.






Une maison écologique en banlieue parisienne

J’ai visité récemment une maison individuelle où tout a été fait pour diminuer la consommation d’énergie autant qu’il est possible. Le propriétaire de cette maison a méthodiquement tiré parti des meilleures techniques. Pour être complet, il l’a également équipée de panneaux solaires et même d’une mini éolienne.  Ensuite il a disposé dans sa maison, dont il fait un lieu de démonstration, des instruments qui mesurent la température, le degré d’hygrométrie, la teneur en gaz carbonique, la consommation d’énergie, la production d’énergie et même une station météo pour relier la production des panneaux photovoltaïque et de son éolienne à l’ensoleillement et à la vitesse du vent

Le résultat est remarquable.

Une pompe à chaleur eau-eau est branchée sur le chauffe-eau et sur un circuit de chauffage par le sol. L'air de ventilation passe dans un tuyau de 100 mètres de long  enfoui à deux mètres de profondeur dans le jardin. En été l'air est ainsi rafraîchi. En hiver il est réchauffé et ce préchauffage est complété dans un échangeur de chaleur où l'air entrant prend la chaleur de l'air sortant.

Pour ce qui est de l’eau chaude, l’eau est préchauffée par les eaux utilisées à la cuisine ou dans la salle de bain, ce qui améliore singulièrement l’efficacité de la pompe à chaleur.

Surface : 200 mètres carrés. Habitée en moyenne par 1,5 personnes ; plus de 100 m2 sont chauffés en permanence.
Consommation d'énergie pour le chauffage : 855 kWh d'électricité par PAC ; eau chaude : 529 kWh ; pompes de circulation : 90 kWh ; ventilation : 324 kWh. Il n'y a pas de climatisation (l'aération suffit).

Maison de Bruno Comby à Houilles  - cliquer ici pour plus d'information

Ce propriétaire expérimentateur nous dit que tout cela ne lui a pas coûté trop cher. Mais il est bien conscient que les panneaux photovoltaïques sont très coûteux, non pour lui mais pour la collectivité puisqu’ils sont payés par l’ensemble des consommateurs d’électricité. Quant à l’éolienne, il l’a installée pour démontrer l’écart existant entre les annonces des vendeurs et la réalité : le vent, à quelques mètres au dessus du toit des maisons, ne souffle pas de la même façon que là où sa vitesse est mesurée par Météo France, à vingt mètres d’altitude.

Cette maison démontre que les constructions neuves, bien isolées et bien équipées, utilisant la chaleur solaire peuvent se passer complètement de gaz ou de fioul et consommer très peu d’électricité. Si cette électricité est produite majoritairement comme elle l’est aujourd’hui en France (entre 75 % et 80 % à partir de nucléaire et d'hydraulique pendant les périodes de pointe de consommation), les émissions de CO2 seront très faibles, pour un coût raisonnable si l’on évite les gadgets coûteux comme le chauffe-eau solaore ou la production d’électricité éolienne ou phtovoltaïqiue, qui est très coûteuse.

J’ajoute qu’il s’agit d’une maison individuelle en banlieue parisienne et qu’il est facile d’aller à pied ou à vélo de cette maison à la station RER la plus proche. Il n’est donc pas nécessaire de concentrer l’habitat dans des immeubles collectifs pour consommer moins d’énergie et émettre moins de C02.






Dans les bâtiments existants : le chauffage hybride électricité et fioul ou gaz

Une étude  - réalisée en 2015  


Tout le monde se demande comment diminuer les émissions de CO2 des logements existants chauffés au gaz ou au fioul. Isoler davantage ? Sans doute, mais cela devient vite plutôt cher. Voici une méthode :

- Compléter l'installation de chauffage en plongeant une résistance électrique dans l'eau du chauffage central ou en ajoutant une pompe à chaleur en relève de la chaudière existante.

- S'il faut changer la chaudière, installer un nouvel ensemble combinant chaudière et PAC ou résistance électrique.


Ce dispositif, qui permet de remplacer l’électricité par une autre forme d’énergie, est différent d’autres dispositifs qui permettent seulement de déplacer le moment où l’électricité est consommée.

Il peut également être conçu pour pouvoir absorber une production d’électricité excédentaire, notamment dans le cas de réseaux de chaleur ou de chaudières industrielles.

Dans l'immédiat, ce mode de chauffage créerait une nouvelle de mande d'électricité effaçable qui correspond parfaitement à la situation du système électrique européen, excédentaire en quantité d'électricité pouvant être produite mais incertain et parfois déficiatire en puissance produite.

A moyen et long terme, si l’on cherche le meilleur équilibre entre l’offre et la demande d’électricité, le chauffage hybride évite les pointes de consommation d’électricité, permettant des économies non seulement sur les moyens de production mais, surtout, sur les réseaux de distribution. Il est aussi une réponse aisée aux difficultés créées par le développement de la production d’électricité éolienne et solaire même si le défaut de production dure plusieurs jours voire plusieurs semaines, ce qu’aucun mode de stockage d’électricité n’est capable de faire.

Plus généralement il apporte au consommateur une très bonne sécurité d’approvisionnement en énergie, quelle que soit la cause du manque d’approvisionnement en électricité – événements climatiques, pannes techniques, actes de malveillance.


J'ai fait une étude sur le sujet. Elle évalue l’intérêt économique pour le consommateur et pour le système électrique du chauffage hybride dans différentes circonstances : niveau de consommation, coût de l’installation, prise en compte ou non d’un « coût du CO2 », etc.

Aux prix actuels (en 2015) du gaz et du fioul, le chauffage hybride est plus intéressant qu'une autre solution si le chauffage est au fioul. Si le coût des énergies fossiles incorpore un coût du CO2, le chauffage hybride devient  intéressant si le chauffage est au gaz, et encore plus intéressant si le chauffage est au fioul.

Le chauffage hybride se développera si le prix de cette électricité effaçable sans préavis pour deux minutes ou pour plusieurs jours tient compte des avantages qu’il présente pour la gestion du réseau électrique. Il peut entrer dans le mécanisme de « marchés de capacité » mais, dans une première étape, il serait plus simple d’ajouter une ligne au tarif  "Tempo" pour cette livraison d’électricité d’un type nouveau.


Voici un lien sur l'étude