Ecrit en septembre 2025

Réflexions sur l’utilité de petits réacteurs nucléaires en Corse

 

 

 

 

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Une étude faite avec le simulateur  SimelSP3

 

répondant à une invitation de Flora Mattei.

 

Il s’agit d’une étude.

Elle sera améliorée à la suite des observations qu’elle pourrait susciter.

Pourrait-on construire en Corse un système électrique qui importe peu et qui n’émet pas de CO2 ?

 

L’utilité – la nécessité ? – de petits réacteurs nucléaires

 

Les ressources en énergie solaire et éoliennes sont abondantes en Corse mais soulèvent deux sortes de difficulté.

La première est bien connue, leur intermittence. Une façon de la compenser serait d’augmenter les capacités de stockage ; les batteries ou les steps (deux réservoirs d’eau, l’un supérieur et l’autre inférieur avec entre eux des pompes et des turbines) ne pourront pas répondre aux besoins ; il faudra aussi une production à partir de gaz ; pour éviter les émissions de CO2, ce sera du biogaz, mais là aussi, les possibilités seraient insuffisantes.

 

L’autre difficulté est moins connue : le réseau électrique a besoin d’une inertie mécanique comme celle des machines de production tournante. Cette inertie n’apporte pas une énergie permettant de compenser les fluctuations incessantes de la production ou de la consommation ; elle donne plus de temps pour réagir (en augmentant ou en diminuant les puissances mises sur le réseau) avant que la fréquence de l’électricité produite sorte de la bande étroite où elle doit rester pour que le système ne s’écroule pas. Lorsque la part d’éolien et de photovoltaïque, qui n’apportent pas d’inertie, dépasse environ 40 %, l’inertie présente sur le réseau est insuffisante. Des études sont en cours pour compenser cette insuffisance d’inertie mais aujourd’hui les résultats ne sont pas probants.

D’où la question : ne serait-il pas intéressant d’installer en Corse quelques petits réacteurs nucléaires, des SMR : ces difficultés disparaîtraient l’une et l’autre.

 

On a comparé quatre situations : sans nucléaire en tenant compte ou sans tenir compte du besoin d’inertie ; avec du nucléaire et la même capacité éolienne et photovoltaïque que sans nucléaire ; avec nucléaire et moitié moins d’éolien et de photovoltaïque que dans les cas précédents.

 

Deux réserves :

1-     On a utilisé autant que possible les données et les hypothèses faites par EDF dans ses perspectives pour 2035-2040 (le BP2024) ; EDF a utilisé certainement des chroniques horaires de consommation. Faute de les connaître, on a utilisé des chroniques de consommation observées en France continentale.

2-     A la fin de 2025, il n’est pas possible de dire dans combien de temps des SMR pourront être opérationnels, ni quel sera leur coût.

 

Sous ces réserves, il apparaît que quelques petits réacteurs apporteraient à la fois les quantités d’électricité dont aura besoin la Corse, et les conditions qui préservent la stabilité du réseau électrique ; cela en dépensant moins qu’en l’absence de nucléaire.

 

 

 

 

 

Une note présentant les résultats 

Un tableau présentant les hypothèses sur les moyens de production et sur la consommation ; et les résultats avec un des jeux d’hypothèses étudiés.

 

 

 

SimelSP3

 

Chacun peut introduire ses propres hypothèses sur les capacités, les coûts, la consommation.

Le simulateur SimelSP3

 

SimelSP3 équilibre heure par heure la fourniture d’électricité d’une part, la consommation finale et la consommation pour produire de l’hydrogène d’autre part.

 

Il présente la particularité de tenir compte du besoin minimum d’inertie du système : lorsque la production de machines tournantes est insuffisante, SimelSP3 interdit le déstockage et l’accès au réseau d’éolien et de photovoltaïque pour « laisser une place » suffisante à la production par des machines tournantes.

 

Autre particularité : SimelSP3 considère ensemble l’amplitude (en MWh) de tous les moyens autres que la production à partir de gaz qui permettent d’ajuster l’offre à la demande, et il calcule de combien l’ensemble de ces moyens permet de diminuer le besoin de capacité (en MW) de production à partir de gaz.

 

Autre particularité : SimelSP3 est publié de sorte que chacun peut prolonger ces premières réflexions avec ses propres hypothèses, tant sur les coûts que sur les capacités et sur la consommation.